L’armée des ombres

La France en guerre : les Résistances.
Travail en groupes sur un extrait d’un film de J.P Melville, L’armée des Ombres, 1969.
L’extrait du film projeté est celui allant de la rencontre entre Jean-François et Félix à Marseille à la cérémonie à Londres avec le général de Gaulle.
QUESTIONS
Thème 1 : La résistance intérieure
Enumérez les lieux où agissent les résistants français dans l’extrait en différenciant ceux qui se trouvent en zone libre et ceux qui se trouvent en zone occupée.
Quelles sont les deux missions confiées à Jean-François ? Pourquoi sa première mission est-elle dangereuse ? Qui peut l’arrêter ? Qui sont les personnes qu’il doit aider à quitter le sol français lors de sa deuxième mission ?
Répertoriez tous les résistants agissant sur le sol français dans cet extrait. Montrez par un schéma en forme de pyramide que la Résistance française est hiérarchisée.
Montrez que dans leurs relations ces Résistants sont obsédés par le culte du secret. Pourquoi ?
Quel personnage constitue le trait d’union entre la Résistance intérieure et la Résistance extérieure ? Justifiez. Quel personnage historique rappelle-t-il ?
Lors de la scène de la fuite en sous-marin, il est fait allusion indirectement à la politique de Collaboration du régime de Vichy : tentez de retrouver cette allusion.
Thème 2 : La résistance extérieure
Quels sont les personnages incarnant la Résistance extérieure française à Londres ?
Quels moyens la France libre installée à Londres utilise-t-elle pour aider les Résistants qui combattent en France ?
Dans le décor du bureau de l’attaché du général de Gaulle, il y a une allusion à un événement historique précis : lequel ? Datez et expliquez.
A quelle difficulté se heurte le général de Gaulle pour organiser la résistance française depuis Londres ?
Thème 3 : Les conditions de vie pendant l’Occupation
Quelle allusion fait référence à la difficulté de se déplacer pendant l’Occupation en France ?
Quelles pénuries (manques) subissent les Français pendant l’Occupation ? Justifiez. Quelle solution existe-t-il pour les atténuer ?
Que reproche Jean-François Jardie à son frère Luc ? Comment l’appelle-t-il ? Pourquoi ?
Le scénario, la distribution et le témoignage du réalisateur
Source : site Internet monsieur.cinema.com
Octobre 1942. " Ingénieur distingué des Ponts et Chaussées, soupçonné de pensée gaulliste, semblant jouir d’une certaine influence ", Philippe Gerbier (Lino VENTURA) est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l’hôtel Majestic à Paris. Il s’en évade en tuant une sentinelle. A Marseille, il est chargé avec Félix (Paul CRAUCHET) et Le Bison (Christian BARBIER) d’exécuter Doinot, qui les a trahis. Jean-François (Jean-Pierre CASSEL), un ancien copain de régiment de Félix, entre dans le réseau et réussit sa première mission : livrer un poste émetteur à Mathilde (Simone SIGNORET), membre du réseau de Paris. Il en profite pour rendre visite à son frère, Luc Jardie, grand bourgeois rêveur. Gerbier, qui se cache à Lyon sous le nom de Roussel, organise l’embarquement de huit personnes à bord d’un sous-marin pour l’Angleterre ; parmi eux, Luc Jardie (Paul MEURISSE). Pendant ce temps, Félix, arrêté par la Gestapo lyonnaise, est torturé. Mathilde, grâce à un astucieux stratagème, réussit à s’introduire, avec Le Bison et Le Masque (Claude MANN), dans le Q.G. de la Gestapo. Hélas, il est trop tard : Félix est mourant. Jean-François, qui s’était fait arrêter volontairement pour prévenir Félix, est lui aussi torturé. Gerbier, arrêté au cours d’une rafle, est condamné à mort. Mathilde réussira à le sauver in extremis. Alors qu’il se fait oublier dans une planque, Jardie lui annonce l’arrestation de Mathilde ; elle avait commis la faute de garder sur elle la photo de sa fille, qu’elle adore ; aussi les Allemands en font-ils un moyen de pression. Prétendant reprendre des contacts, Mathilde est relâchée. Jardie démontre qu’il n’y a qu’une seule solution - la tuer - et va même jusqu’à prouver que c’est elle-même qui le demande. Dans une rue proche de l’Étoile, elle s’effondrera sous les balles du Bison. Ni Jardie, ni Gerbier, ni Le Bison, ni Le Masque ne verront la fin de la guerre...
Jean-Pierre Melville consacra trois films à la vie des Français sous l’Occupation (période qu’il connaissait bien pour l’avoir vécue dans la Résistance) : LE SILENCE DE LA MER (1949), LÉON MORIN, PRÊTRE (1961), L’ARMEE DES OMBRES (1969). Kessel publia son livre en 1943, Melville dès cette époque rêva de le porter à l’écran. A propos de ce film, Melville déclara : " Je l’ai porté en moi 25 ans et 14 mois exactement. Il fallait que je le fasse et que je le fasse maintenant, complètement dépassionné, sans le moindre relent de cocorico. C’est un morceau de ma mémoire, de ma chair".
Voir aussi, sur "l’armée des ombres", l’article 102.
