LES RESISTANTS
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Pendant la guerre, on appelait Résistants ceux qui
s’opposaient au régime de Vichy et à l’occupation allemande. En pratique
la résistance a revêtu quatre formes principales : la collecte de renseignements utiles aux alliés. La
lutte politique par la distribution de tracts ou de journaux clandestins, l’assistance
aux juifs, aux réfugiés, aux parachutistes alliés, etc.., grâce aux filières
d’évasions, et la lutte par les armes,
à base de guérillas, d’exécutions et de sabotages. Ces trois derniers
modes ont été dominants en France et plus globalement en Europe de l’Ouest.
Dans le cas Français, les résistants se sont rassemblés dans trois types
d’organisations différents. Les réseaux,
qui sont des groupes restreints ( 7 à 88 personnes maximum ), souvent en
contact avec la France libre, à Londres, et les services secrets alliés; les mouvements, qui comptent parfois plusieurs milliers de
militants, visent d’avantage à informer la population, à lutter contre la
propagande de Vichy et du Reich. Les plus importants s’appellent Combat, Libération-sud,
Franc-Tireur, Défense de la France... ;Ils éditent des journaux du même
nom et se montrent plus indépendants à l’égard de Londres. Les
maquis, souvent organisés par les mouvements, rassemblent des combattants
dans des zones difficiles d’accès : marécages, forêts, montagnes,…
Ce sont des bases de départ pour mener des opérations de guérilla.
On ne trouvait pas des résistants qu’en France, il
y en avait aussi aux Pays-Bas, en URSS, en Pologne, en Italie, en Yougoslavie,
en Grèce, et même en Allemagne. Et oui, il y avait des résistants jusqu’en
Allemagne, mais ils furent rares et impitoyablement réprimés. Les historiens
estiment à 300 000 le nombre de résistants ayant participé de façon
militaire. Sans l’appui occasionnel ou régulier d’une partie plus
importante de la population-que l’on songe aux paysans, à partir de 1943, qui
ravitaillaient en vivres les maquis français-, ils n’auraient probablement
pas tenu.
Dès l’été 1940, les premiers actes de résistance
se manifestent. Les initiatives sont individuelles, improvisées, et souvent peu
efficaces. On peut constater que, parmi les premiers Résistants, on compte
nombre d’« intellectuels », enseignants, ingénieurs,
journalistes, etc.., qui s’attellent à la rédaction de
journaux clandestins. C’est le cas dans le film Lucie Aubrac où Lucie est professeur d’histoire, et Raymond ingénieur.
Sur le plan politique, ils appartiennent plutôt à la gauche ou à la démocratie
chrétienne, mais la Résistance a recruté dans tous les milieux. Toutefois
durant les quatre années d’occupation, toutes les catégories de citoyens ne
s’engagent pas de la même façon. Les ouvriers et les classes moyennes
(employés, artisans, etc…) sont très présents, alors que les paysans y
participent plus tard. Les hauts fonctionnaires en revanche s’engagent peu
dans la Résistance, préférant en général une sage fidélité à Vichy. Une
exception : les militaires, puisque 760 officiers meurent en déportation
dont 37 généraux ! D’autres métiers en apparence moins prestigieux,
ont compté de nombreux résistants et ont été particulièrement utiles;
c’est le cas (entre autres) des représentants de commerce, des postiers ou
des cheminots, susceptibles de se déplacer dans toute la France sans paraître
suspects. Aux côtés des Français de souche, ont pris place de nombreux étrangers : Espagnols et Italiens fuyant la dictature
dans leur pays, réfugiés juifs et non juifs venus d’Allemagne ou de Pologne;
ils prennent place dans les organisations existantes ou en créent de toutes pièces.
Le gouvernement de Vichy et les allemands réprimeront férocement ces
combattants venus de l’étranger. Dans l’ensemble, tous ces résistants sont
des hommes jeunes, moins de 30 ans en moyenne. Ce qui n’exclut pas une
présence des femmes peut-être 10 % des effectifs. Toutefois, on leur
confie souvent les tâches qui peuvent paraître mineures : convoyer des
lettres, trouver des lieux de réunion, dénicher des médicaments pour les
blessés… C’est pourquoi les actions dangereuses menées par Lucie Aubrac ou
d’autres résistantes sont particulièrement remarquables.
En cas d’arrestation, en général à la suite
d’une trahison, c’est au mieux la prison. Mais le plus souvent c’est la
torture, la déportation dans des camps et souvent la mort, sous les balles
d’un peloton ou par la corde du bourreau. En France, 10 000 à 30 000
personnes auraient été exécutées, et 63 000 déportées pour acte ou
complicité de Résistance (dont 26 000 ne reviendront pas). Dans le film, les
scènes d’interrogatoires sont violentes, les tortures et l’exécution
d’un détenu correspondent bien à la réalité historique comme nous l’a
confirmé Mme Lucie Aubrac lors de sa conférence au collège.
Pendant la guerre, les résistants sont de plus en plus
nombreux car la présence de l’occupant devient peu à peu insupportable. Sur
les mairies les Allemands affichent que toute atteinte à leur matériel est
puni de mort, mais les Français désobéissent.
Les cheminots apportent une grande aide et font tout leur possible pour lutter
contre le nazisme : ils transportaient des résistants, faisaient évader
des juifs…Ils jetaient même quelques pelletés de charbon au bord des voies
ferrées pour que les gens puissent les ramasser et se réchauffer. C’est cela
aussi résister.
Dans le film de Claude Berri Lucie
Aubrac, les résistants sont montrés
souvent en groupe, bien organisés, répondant aux demandes du Général de
Gaulle au travers de la BBC et de Max (Jean Moulin). Ils effectuent des opérations
de sabotages de train etc.… Ils sont couverts par de fausses identités,
tout doit rester secret.
Dès le générique, un petit groupe de résistants,
dont Raymond Aubrac, fait un attentat à la bombe sur un train allemand
transportant des armes et des soldats. Aucun des résistants ne parle, tout est
minutieusement préparé. Les explosifs sont disposés sur les rails à un
endroit élevé. Un fil relie la bombe au détonateur. Les résistants
enclenchent le détonateur de plus loin, le train explose et au plus vite, les résistants
repartent. Raymond Aubrac n’a, en réalité, jamais fait sauter de train. Il
avait un rôle d’organisation des attentats. Mais Claude Berri a
volontairement commencé le film ainsi pour montrer une action spectaculaire et
symbolique de la Résistance et pour que Raymond ait un autre rôle que celui
qui se fait maltraiter par les allemands. Il était très important de
s’attaquer aux trains car ils transportaient des armes et des soldats
allemands, des vivres fournis par la France…Puis une fois le chemin de fer
inutilisable, le transfert des détenus en camps de concentration et
d’extermination était reporté.
Les évasions des prisonniers sont également préparées par les résistants, plusieurs stratagèmes sont employés : les allemands craignent les maladies contagieuses, alors les résistants rendent un prisonnier malade, une fois à l’hôpital, il est enlevé plus facilement… Mais pour Raymond, cette astuce n’a pas fonctionné. Les résistants entreprennent donc d’attaquer un fourgon transportant des prisonniers dont Raymond à l’aide de silencieux. La première tentative a échoué mais à la seconde, les Allemands sont vaincus et Raymond est enfin libre. Ce film a donc retracé avec fidélité un certain nombre d’action classiques entreprises par les résistants.



- Documents des élèves de la classe (Encarta 98)
- Science & Vie junior N°
- Film : Lucie Aubrac, de Claude Berri.
- Conférence de Lucie Aubrac au collège.
- Lucie Aubrac : «Ils partiront dans l’ivresse», Septembre 1984, édition du Seuil.
Collège Belledonne. Elèves guidés par Madame VENNEREAU. Histoire.