La présentation de l'ennemi dans le film
(Gauthier Carmen et Didier-Carnival Nadège  de 3ème 4)

 

Au cours du film, il y a une évolution particulièrement intéressante de la présentation de l'ennemi. Dans le générique, Claude Berri  montre  les soldats allemands  dans un train, mais on les voit toujours de haut. Ils ont la tête droite et on n'aperçoit pas leur visage. Leurs ombres sont brouillées par la fumée ou vues de loin. Ce sont de simples silhouettes. Ce ne sont pas des individus, mais ils représentent l'ennemi sans visage, la force aveugle. En revanche, au cours du film, la présentation de l’ennemi se nuance quand on découvre peu à peu les chefs allemands :

- Un colonel de l'Abwehrt, sensible mais vénal. Il incarne un ennemi presque fréquentable.

- Klaus Barbie, chef de la police allemande à Lyon. Il ne représente pas seulement l'occupant allemand, mais surtout le nazi violent, pervers et insensible au malheur d’autrui.

Puis dans le film, Claude Berri fait des Allemands un portrait sans complaisance : Ils sont montrés autoritaires et cruels. Ils marchent d'un pas fort, rythmé et saccadé. Ils ne savent pas interroger sans frapper. Ce sont surtout des êtres extrêmement violents. Dans le film, les Allemands sont assez grands et la plupart sont blonds. Leur physique est stéréotypé. On les reconnaît grâce à leur uniforme très strict. Il se compose d'un képi, d'une veste et d’un pantalon recouvert jusqu'aux genoux de bottes noires, ce qui accentue leur démarche autoritaire. L'ensemble est de couleur kaki. Certains, comme Klaus Barbie, sont habillés en civil dans un premier temps, ce qui pourrait rendre leur personnage plus humain : grand manteau gris, chapeau (pas tous) et cravate…mais Klaus Barbie est muni de sa cravache dont il se sert avec acharnement contre Raymond Aubrac, ce qui manifeste bien la violence de celui qui a été surnommé «le bourreau de Lyon ».

Bien qu'ils connaissent le français, durant les interrogatoires, les Allemands s'adressent aux prisonniers en allemand et font traduire en français par un interprète. Ils font cela pour signifier qu'ils ont vaincu la France et qu'ils dominent les Français. Dans le film, si les Allemands sont montrés de dos, ce n'est pas le cas des Résistants qui eux sont présentés de face avec de gros plans souvent prolongés sur leur visage pour qu'on puisse voir leurs émotions. Ils sont donc filmés de façon très humaine, ils sont très méfiants, ils regardent toujours autour d'eux et ils sont toujours habillés en civils (les hommes sont en costume et Lucie en robe). Le film a très bien mis en scène la guerre totale, sa violence et l'implication de toute la société comme nous l’a confirmé Lucie Aubrac lors de sa venue au collège.

Document utilisé : film "Lucie Aubrac" de Claude Berri

Collège Belledonne. Élèves guidées par Mme Vennereau. Histoire.