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2.5 Qui sont les époux Aubrac ? |
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Née
en 1912, Lucie
Bernard est fille de vignerons du Mâconnais. Elle est agrégée
d’histoire, c’est une femme brillante et ferme. Le 14 décembre 1939,
quatre mois après le début de la guerre elle devient Lucie
Samuel, en épousant Raymond Samuel,
enfant de Vesoul, fils d’une famille juive et polonaise, ingénieur des Ponts
et Chaussées mais aussi licencié en droit à Paris et diplômé d’une
université américaine. Ils se sont rencontrés à Strasbourg en 1939, se
promettent à l’aube du 14 mai, de n’être jamais séparés tous les 14 mais
de leur vie. En 1941, né Jean-Pierre, surnommé Boubou. Ils habitent Lyon en 1943.
Mais
Lucie et Raymond, ne peuvent pas, sous l’occupation allemande, continuer de
s’appeler Samuel. En
effet Pétain avait décidé que toute personne juive ne devait pas
exercer une fonction publique. Ils décident
donc de s’appeler Aubrac et de s’engager
dans la résistance pour lutter contre l’injustice, et défendre :
solidarité, désobéissance et
volontariat. Ils créent avec d’autres résistants le mouvement de “ Libération
Sud ” dans la plus grande clandestinité. Ils ont alors deux vies
distincte
Puis,
le 21 juin 1943, Raymond est arrêté avec
Max (Jean Moulin) et d’autres résistants au fameux rendez-vous de Caluire
chez le docteur Du Goujon. Raymond à condamné à mort. Lucie décide alors de
tout faire pour l’arracher des griffes de la Gestapo. Elle va même voir Klaus
Barbie en personne pour plaider la cause de son bien aimé, en se faisant passer
pour une fille de bonne famille enceinte et qui ne veut pas finir fille-mère
mais rien n’y fait. Elle organise elle-même un réel commando qui échouera
la première fois mais réussira la deuxième… Raymond est délivré. Neuf
mois de résistance, de vie de mère et d’épouse. Puis ils s’évadent en
avion, de peur d’être arrêté par des Allemands : les parents de
Raymond ont été arrêtés lors d’une rafle, ils n’avaient pas voulut
changer de nom.
Aujourd’hui
quand on demande à Lucie si c’est seulement par amour qu’elle a dirigé ce
commando de libération, elle répond : “ Nous avons agit pour la
liberté et la dignité des hommes. ” Aujourd’hui, c’est une femme drôle,
pédagogue émouvante et grave qui porte son message de collège en lycée…
Elle a 88 ans.
Lors de son intervention au collège de
Villard-Bonnot, elle nous raconte de nombreux détails de sa vie. Lucie nous a
dit aussi que dans le film de Claude Berri il y avait eu quelques erreurs et un
décalage avec son livre. Par exemple, lorsque Raymond est arrêté pour la
première fois et que Maurice vient prévenir Lucie que son mari était arrêté.
Personne dans la résistance ne savait le vrai nom de Lucie, pour eux elles
s’appelait Catherine, et personne non plus ne savait le métier qu’elle exerçait.
Lucie avait en réalité 3 identités. Pour les résistants elle s’appelait
Catherine, ensuite elle avait sa carte d’identité sous le nom de Guylaine de
Barbentane, puis son vrai nom. Ce qui a déplu à Lucie est que Claude Berri
n’a pas assez fait ressortir la réalité, il a surtout voulu montrer
l’histoire d’amour.
Pour Lucie le plus important était de ne jamais accepter une injustice, il fallait savoir juger, aider et être solidaire avec les autres. Les mots clés de la résistance sont : Injustice, solidarité, volontariat, désobéissance et informations, car le plus dur dans la résistance était de s’informer. Et il fallait s’informer pour savoir où était les hommes, mais il était relativement dur de se réunir car plus de 3 personnes, c’était considéré comme une réunion et c’était formellement interdit. Pour elle les vrais héros de la résistance ne sont pas Raymond et elle mais ceux qui sont morts.
